Par Eve Aboucaya, le 6 juin 2018

Il existe, semble t’il, une phase du développement psychique de l’enfant que l’on nomme « la phase d’opposition », entre ses 18 mois et ses trois ans environ. Mais pourquoi notre progéniture est-elle obligée de passer par là ? Et lorsque ça dure – oui parce que moi j’en connais qui disent encore et toujours non à 40 ans – qu’est-ce que cela signifie ? Que faire lorsque ça dépasse les limites du supportable ? Par ici les pistes …

Que nos enfants expriment-ils à travers l’opposition ? 

Dire « non » leur permet de comprendre et d’exprimer leurs propres désirs : est-ce que ce sont ceux de mes parents ou les miens ? Est-ce que je veux vraiment ça ? Ensuite, s’opposer à nous, parents, est une amorce du processus d’autonomisation : se détacher de ses figures d’attachement et devenir un individu à part entière. Enfin, et sans doute le plus insupportable pour nous, ils testent nos limites pour apprendre le discernement (le bien du mal), le cadre (ce qui est permis de ce qui ne l’est pas) …

Donc, ce que nous prenons généralement pour un affront n’est en fait ni de la provocation, ni une menace pour notre autorité, mais une étape de sa construction, indispensable de surcroît. 

Et si cette période persiste après ses 3 ans, ça veut dire quoi ? 

Lorsqu’on arrive à développer une certaine empathie et à prendre de la hauteur par rapport à ces oppositions parfois incessantes, notre regard sur cette attitude change. Plus concrètement, il s’agit de se dire, lorsqu’il s’oppose, que :

  1. Ce n’est pas de vous dont il s’agit mais de lui et son développement personnel : il est à la recherche de ses propres limites et non des vôtres;
  2. C’est inutile de rentrer dans un rapport de force et bien plus efficace d’être à l’écoute de ce qu’il vous dit vraiment : ses besoins, ses désirs;
  3. Si j’incarne moi-même une attitude appropriée face au refus de mes enfants, j’ai toutes les chances que cette phase passe tranquillement.

Lorsque nous entrons en conflit avec nos enfants dans ces moments et que nous affirmons notre autorité de manière aggressive (cris, injonctions, punitions), passive (laxisme, abandon, fuite) ou encore manipulatrice (menaces, chantages, abus de pouvoir), nous risquons de cristalliser cette opposition et la faire durer dans le temps, de mettre à mal leur sécurité affective. Nos enfants ont besoin, face à leurs refus, d’une réponse cohérente, à la fois ferme et bienveillante, en lien et proportionnelle à la situation. 

Lorsque ça devient insupportable …

Je crois qu’il faille choisir ses combats. Il y a les interdits sur lesquels on ne transige pas (ex.violence, dangers …) et les limites discutables. Celles-ci permettent à nos enfants de disposer de choix et d’exister par eux-mêmes (ex. deux desserts au lieu d’un, heure du coucher…). 

Faire le tri entre les batailles utiles à mener et celles qui n’apporteront rien peut nous permettre une réelle économie d’énergie. 

Et finalement, ouvrir la porte à la négociation peut leur permettre de développer une chouette compétence de vie. Mais ne perdez pas de vue que même la négociation ne doit pas transgresser les valeurs auxquelles vous tenez particulièrement, au risque de perdre votre intégrité sur la route !

Un enfant qui dit « NON » à quelque chose, dit « OUI » à autre chose. Voilà un point qui soulève notre capacité extraordinaire à focaliser sur leur refus plutôt que de se tourner vers la solution. Or, c’est là que se trouve la clé de sa bonne construction psychique et de la qualité de notre relation. Quand mon enfant dit « non, je ne veux pas aller prendre la douche », j’ai le choix d’être dans l’injonction comme « Tu vas y aller parce que c’est comme ça !» ou dans la question ouverte comme « Qu’est-ce que tu veux faire alors ? ». Cette question a un certain nombres de bénéfices : il se sentira écouté et compris, il sera libre de répondre ce que LUI souhaite, même s’il est possible que vous ne puissiez pas accepter ce qu’il veut, en tout cas dans l’instant. 

En résumé, quelques conseils …

  • Donner lui des choix : plus l’enfant est petit, plus ces choix doivent être limités (tu veux ça ou ça ?).
  • Soyez dans une démarche de co-construction : ensemble, on va voir ce qu’on peut trouver comme solutions qui nous satisfassent tous les deux. 
  • Cherchez le « oui » caché derrière le « non ».
  • Dites-vous que lui permettre de s’opposer optimise ses chances de savoir qui il est, de s’affirmer et de poser ses limites dans sa vie d’adulte. 
  • Prenez votre mal en patience.
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